Textes réalisés en atelier d’écriture par MICHELINE DURBEC

MELANCOLIE

Enfance refusée, balayée, bafouée,

Vilains mensonges durant tant et tant d’années,

Mère perverse aux plaintes renouvelées,

Père absent, vains espoirs amour espéré,

Des jours, des mois, des années auquel renoncer.

Noyant le lac de ses longues ombres grises,

La brume s’enfuit, amère mélancolie.

Pour mes parents, la vérité, leur vérité :

Moi, seule responsable, seule coupable.

Dans le silence apaisant, tout s’éloigne,

Le calme attendu m’inonde et m’étreint ;

Adieux non dits, adieux peurs, doutes, insomnies,

Sans répit, jour et nuit, jalousies, tromperies,

Hypocrisie, s’éloignent lentement, sans bruit.

Mon corps apaisé, libéré, désaliéné,

Sans remord, sans regret, devant l’immensité,

Se dresse heureux, face à cet infini.

Toi, ville endormie, vierge de tous soucis,

Qui es tu ? mirage ou bien réalité ?

Aux souvenirs trop lourds, la haine m’envahit

Racines trop enfouies pour être déterrées,

Me rongent, me broient, me torturent et me tuent

Cauchemars de la nuit, éloignez vous ennemis…

Levant les yeux vers l’horizon lointain,

Mouvement lent de mes épaules affaissées,

Souvenirs lancinants, mon âme vous implore ;

Fuyez, rendez moi ma mémoire indolore.

L’aube est là. Je pars, je vais, réconciliée.

La vie, la paix, l’amour m’appellent désormais.

Micheline

*****

FUITE…

Lentement, l’œil hagard, démarche malaisée,

L’humain,, homme, femme, enfant, jeune, âgé,

L’être vivant marche sans jamais se retourner

Où part-il ainsi ? nul ne pourrait le dire

Lui-même le sait-il ? à le voir avancer,

Droit devant lui, échine courbée, déambuler.

Seuls, un mot, une pensée, martèlent ses pas :

Fuir, fuir, ne plus réfléchir, ne plus obéir,

Oublier la peur, oublier la colère,

Gorge nouée, cœur affolé, il erre.

En haillons, fier bourgeois ou vieillard affligé,

Sur le chemin boueux ou allée arborée,

Chacun, à son rythme, avance sans faiblir,

Vers son destin, son autre vie, son avenir…

Micheline

*****

ECRIRE… POURQUOI…POUR QUI… ?

Ecrire ses souvenirs

Ecrire pour ne plus fuir

Pour ne pas oublier

Que le passé s’enfuit.

Qu’il fût bon ou mauvais,

Ce passé m’a construite.

Ecrire tout simplement

Ecrire sa vérité

Sans haine et sans regret

Des années écoulées,

Jeunesse trop vite passée.

L’adulte que je pus être,

Rieur, quelquefois traître,

Comment a-t-il vécu

Ces heures, ces mois, ces ans

Désormais révolus ?

Au temps où le crayon s’anime,

La feuille blanche taquine,

Vierge encore de mots, de rimes

Soupire, transpire, désire

Que ma main hésitante, fainéante

Aligne sur son corps,

Impudent support,

Secrets enfouis,

La plume réjouie

Sans aucune réticence

Avec outrecuidance,

Vous livre l’existence

De toutes mes confidences.

Micheline – 29 MAI 2009

MERCI

Par l’écriture, mes nerfs sont calmés

Ma révolte un instant apaisée

A trouvé grâce dans les mots exprimés

Merci Michel de m’avoir enseigné

Depuis cinq ans, cette manière d’exsuder

En quelques mots, mon agressivité

Ce trop plein de colère

Blessant tout mon être

Finirait c‘est certain

Par me détruire entière.

*****

PAS LE CHOIX

Nous n’avions pas le choix

Il fallait marcher droit

Des études à long terme : terminé !

Oubliés les rêves d’étudier

De comprendre, de savoir, de penser,

Chaque jour qu’on vivait

Automne, hiver, printemps, été,

Il nous fallait manger.

Le travail… Oh oui, il y en avait …

Mais faisant table rase de nos souhaits

Le premier job annoncé,

Le saisir, on s’empressait.

Pour vous les enfants,

Sans état d’âme, avons bossé.

Un jour peut-être nous l’espérions,

Une vie meilleure, vous offririons.

Hélas, c’était un leurre

Reproches, beaucoup d’aigreur

Nous sont offerts, toutes les heures

Micheline 7 FEVRIER 2009

*****

PARDONNER

Oui, il faut pardonner !

Cette docte pensée

D’un ton ferme énoncée,

Par l’ami bien pensant

Ne permet ni n’admet

Aucune contradiction.

Pardonner, pourquoi pas ?

Voyons… réfléchissons

Quand durant des années,

Quelquefois plus longtemps,

Le corps fut cassé, et l’âme fut brisée

Comment pardonner ?

Pourquoi pas… oublier ?

Les sévices imposés par les proches inconscients

De leur perversité,

Mots blessants, ricanements,

Sans amour exprimé,

L’enfant d’alors a refoulé

Sa tendresse réprimée.

L’adulte du jour, on le conçoit,

N’en déplaise au citoyen lambda,

De ne pas pardonner… a le droit.

Micheline 9 FEVRIER 2009

J’Y VAIS OU PAS ?

Trois, deux, un, jours et nuits,

Les heures s’égrènent,

Le compte à rebours affolé, se déchaîne.

De chaque côté, les futurs épousés,

Hésitants, angoissés,

Triturent le bilan des années passées.

C’est normal d’hésiter,

Et d’avoir des regrets..

Adieu vie sans souci,

De célibataires endurcis.

J’y vais, j’y vais pas,

Jeunesse insouciante à grands pas,

S’en va…

Hésitation, réflexion,

Faut-il consulter, solliciter,

Amis, oncles et tantes

Qui jadis y sont passés ?

Ne plus faire l’autruche,

Affronter peurs, doutes, embuches,

Entrouvrir un instant

La porte de l’espoir,

Souvenirs heureux de couple sans histoire.

Vie harmonieuse : utopie ou réalité ?

Il faut se calmer

C’est décidé,

Le jour fatidique à grands pas se profile

Alors joyeusement, allons fêter ça :

Rendez-vous entre filles

Rendez vous entre gars

Chacun de son côté,

Chanter, danser, s’éclater

La fin du célibat, faut célébrer.

Le 20 AVRIL 2009 Micheline

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