Textes écrits en atelier : de Romain « Abattues » et autres…

Abattues

Le poil soyeux, l’œil rond, le sabot lustré
C’est la promo de l’année à ne pas manquer
Me voilà partie loin, de mes verts pâturages
Pour un long lointain voyage 
Me voyant déjà la plus belle du troupeau
Enlacée, lascive contre mon hidalgo 
Je serais pâquerette au museau,
La favorite du plus beau des taureaux

Défense d’afficher sa différence.

Défense de pénétrer dans la coulisse désincarnée, des théâtres incarnés.

Défense d’entrer, de franchir, aux idées de franchir les frontières, aux limites de braver les interdits.
Défense d’afficher sur les murs de la cité son ethnie citée.

Danse, dans ce cadavre cadastral, s’élève les voix d’outre-tombe, les voix des voix des non cités, des non des noms non assistés, des énoncés trop insensés des grande sociétés jamais rassasiées, jamais à satiété.

Dans ce corps désincarné, incarcéré dans la pierre des structures branlantes en tôles et bétons armés vivent les anges déchus et enchainés aux affres de la société initial, réinitialisée, principale qui à tout jamais s’est emballée doucement, lentement, d’un pas décidé… surement.

Bœuf emballé, empaqueté en paquets s’amassent, se tassent, s’entassent dans les rayons identiques, aux couleurs, saveurs, formes identiques, aux odeurs désinfectées ; toujours un goût de préemballé, pré-maché, prédigéré précipité dans les W laissés aux C, des communautés privées ! Défenses d’entrer, c’est occupé, c’est préoccupant, défense d’afficher, défense d’y annoter nos indifférences.

Me léchant les babines d’alléchantes affaires
Je croise Normande, Limousine et blonde 
D’Aquitaine, m’acquittant de courtisanes rondes
Je durcis le pas pour être la première.

Les belles des champs devant la devanture

Se dresse en un épais amas de fesses

L’alarme retentit, le portail s’abaisse

C’est partie pour une étrange aventure.

Défense d’altérer, les aspérités de la société,

d’y associer les gay létales aux étales fœtales sociétales,

sans se soucier des aspects aux régularités effacées.

Le bras armé de la différence, dans la comédie presque humaine, dans ce grand foutu foutoir de l’humanidité du corps face aux bien séantes, aux biens pensantes âmes des bonnes tables du monde plus-que-parfait.

Le bras armé de la vérité pourfend corps et âmes, érige murs, barricades et États, dans immaculée concept des nouvelles pensées absentes de sangs critiques, absentes de sens qui crissent, sang citrique, sis ici bas dans les patries des indifférences, des indifférent qu’indiffèrent d’être en vie, 
le bras s’abat, ethnique, apolitique, agnostique, dans ce consensus plus que fermenté des idées avariées, des denrées stéréotypées, armé au dessus 
des têtes d’un bétail aveuglé, dirigés 
aux sons des flûtes vers les abattoirs des savoirs sans savoirs où ils vont.

Leurs bras décharnés par les chaînes qui leurs broient les os, enchaînés se débattent 
en ne voyant qu’arriver l’inéluctable, un présent oppressant.

Je me rue à coups, de flancs qu’elles me disent,

Pour arriver à la promo plus que promise

La troupe, hagards dans le hangars s’est affairée.

Point d’affaires à faire, le portail s’est refermé !

L’alarme retentit, je cherche à m’échapper

L’issu de secours est au bout du corridor

L’air vient à manquer, à bout de souffle

Nos premières larmes viennent à couler.

Retour à la ligne, tabulation, défense d’afficher son existence dans la marche funèbre, funeste des nations libéralisés, des libertés nationalisées, défense d’entrer dans l’ouverture des esprits dirigés assermentés, programmés, défense d’afficher liberté, égalité, fraternité… absurdité.

Le troupeau beuglant enclavé dans les liens fatidiques de ces bourreaux se rue dans l’arène qui peu à peu se rétrécie, s’obscurcit, le troupeau s’arrête, bloquées sur leurs trains arrières les bêtes se tétanisent et c’est à grands coups, de heurts, de sommations, de pressions, marchant sur les dépouilles de leurs semblable étouffées sous la maîtrise des coûts, des heures qu’elles, résignées, s’amènent vers l’anneau de lumière promise.

Aujourd’hui défense d’être gay,

en vie dans ce vaste anti-projet

de la consomption, conception,

consommation, créations des masses,

comme autant de coups, coups de massues, coups de poing,

non coup de main, coup sur coup sous les armes de la censure encensée, en sens inversé insensés, en sens intégré, sans des femmes du monde des modes, du monde de nos vivants.

Âmes vivantes vivifiantes éphémère et féminisée à grands coups de fientes, à grands coups dans la gueule en beuglant avance !

AVANCE…

ou crève

Âmes vivantes

victimes et victimisées se taisent, s’enterrent, sans terres entre les entrailles à ciel ouvert d’un vaste projet urbain opéré à fonds cachés, 
à cœur ouvert dans les tombeaux des jours, dans les lambeaux des cadavres saccagés des profits financés.

La musique du centre commercialisé

S’est emballée et les promo mis à mal

Ont mis la mâle, et le mal et mon pré

A herbe grasse, viennent à manquer.

La sonate s’est arrêtée, au fond du couloir

On pleure, on meurt, mort aux vaches

Une à une, nos têtes tombent, nos tâches

Dans les sangs s’effacent, dans ce mouroir.

Défense, de tomber sous les jougs des assassins impunis,

attention défense d’être différent,

hors des collectifs, hors des clans, des camps

hors des clous, des coûts puits sans fond, puis s’enfoncent dans les limbes écrouées aux potences et guillotines 
hors des échanges inter, inter cité des cités d’assistés, interdisez aseptisez interrogez inter gérez les zones sombres d’intérêts générés, les notes d’ombres nationalisés des mécréants falsifiés.

Défense d’être sans étiquettes en étiquetant les âmes à coup de barres à coup de codes barres, en systématisant les modèles, les process, les cœurs et corps à corps perdu des inter sexualités, des inter sensualité, des intérêts formatés, des formats intéressés,

Tous à être coulé dans la matrice à citoyenneté.

Le sang des bœufs gémissant à gorges tranchées, gicle dans l’alcôve blanc cassé, du labo stérilisé. Le sang coule et s’écoule sans cesser il emplit l’alcôve des hommes.

Les bœufs pleurent de ne voir le jour une dernière fois, et pourtant belle était la musique, et pourtant beau était son refrain, et pourtant chaleureux étaient les couplets du quatrain ; à couper des têtes à faire tomber les différences, les défenses.

Sur mon cadavre encore fumant

S’ouvre le grand solder du cuir

Moins trente pour cent sur le canapé

Fait des peaux, des cons de mes sœurs.

Au loin une clameur, les veaux de laits

Quittant leur mère haletant, encore allaitant

Se ruent dans les manèges du marchand

Pour aller au parc, soit disant jouer !

Défense de verser sa bille, son pus sur les fondements séculaires

des idées coulées dans les aciéries médiocres de la modernité.

Défense de mêler sa salive et son sang,

sa sueur à l’acier des fondations falsifiées

Des pays déclarés en paix.

Romain Palestro

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