Presse Bretagne : Reprise des ateliers d’écriture: Un défi appelé Roman

 

Nathalie, Florent, John, Yves, Yvan, Guillaume, Lili, Pascale… Elles sont douze personnes de 25 à 60 ans à participer aux ateliers d’écriture proposés par Michel Suzzarini. Yvonne Salaün, propriétaire du café-épicerie Le Lapin Bleu, se trouve à gauche.
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Article du Télégramme de Théo du Couëdic publié le 08 septembre 2017

Le groupe piloté par l’écrivain Michel Suzzarini a repris ses ateliers d’écriture hebdomadaires. L’objectif, pour chacune de ces personnes en insertion, est d’écrire un roman d’ici fin décembre. Nous les avons suivis au Lapin bleu, chez Yvonne Salaün, à Pouldreuzic.

Les écrivains le savent bien : il vaut mieux éviter de parler d’un livre, ou même d’une ébauche d’idée, avant de l’avoir couché sur le papier. Ou plus communément : « Ne pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué ». Un adage que respectent les « écrivants », comme se définissent elles-mêmes les douze personnes en insertion, encadrées par l’écrivain Michel Suzzarini, qui se sont lancées dans l’écriture, il y a un an maintenant, pour reprendre confiance. L’expérience a porté ses fruits. Ils ont écrit un livre collectif, « Oser se dire les mots », qui a été récemment publié par le conseil départemental. Mais il n’était pas question de s’arrêter là. Mercredi, ils ont repris leurs ateliers d’écriture itinérants, avec un objectif ambitieux : écrire chacun leur roman (la deadline est prévue pour fin décembre). Et pour assurer une bonne reprise, quel meilleur endroit que Le Lapin bleu, bar sans âge et sans enseigne d’Yvonne, à Pouldreuzic. Un café-épicerie où ils ont déjà noirci des feuilles plusieurs fois par le passé.

Gagner en empathie
« Où est le sucrier ? » – « Je t’ai déjà mis un sucre ». Michel Suzzarini a fait le plein de thé et de café, et autant dire qu’il connaît les habitudes de chacun de ses « écrivants ». L’ambiance est studieuse. Les têtes sont penchées sur des feuilles, stylo en main, ou tournées vers la fenêtre, à la recherche d’une inspiration souvent capricieuse. On entendrait une mouche voler. Le bar d’Yvonne fait l’effet d’un cocon. Un lieu propice à l’inspiration. « Tout le monde écrit à la main, puis chacun tape son texte. On nous a donné ou prêté trois ordinateurs, qui servent à ceux qui n’en ont pas », précise Michel Suzzarini. On trouve des récits poétiques, philosophiques, parfois autobiographiques, des fictions… « Au départ, je pensais qu’écrire, ça appartenait à une catégorie de personnes, que ça ne me concernait pas », explique Lili, qui, parfois, en plein milieu d’un texte, se retrouve à écrire des vers. « La veille de l’atelier, je suis déjà prête à venir, parfois je guette à la fenêtre, c’est la force du groupe, ça me permet de sortir de mon isolement », confie-t-elle. Si chaque « écrivant » est là pour différentes raisons, tous sont sur la même longueur d’onde. Au fil des ateliers, John a abandonné le récit biographique pour passer au roman, « qui permet de ne pas tomber dans l’égocentrisme, ou dans l’aigreur si notre vie s’est mal passée. C’est un même  » je  » qui se retrouve dans un personnage, au lieu d’être moi. On écrit avant tout pour le lecteur… ». Écrire lui a permis de gagner en empathie. Les vertus thérapeutiques de l’écriture ne sont d’ailleurs plus à prouver.

Des ateliers itinérants
Le groupe s’organise en covoiturage pour se rendre aux ateliers. Il s’est beaucoup réuni dans les médiathèques du Pays bigouden, ainsi que chez Yvonne à Pouldreuzic, mais aussi à la Maison de la particip’action à Pont-l’Abbé, dans les locaux des Paniers de la mer à Saint-Guénolé, etc. « Mais peu importe le lieu, on est ensemble », dit Lili. En décembre, l’imprimerie départementale fera des tirages de chaque livre : mise en page, maquette… L’expérience aurait dû se terminer en février mais elle n’a cessé d’être renouvelée : « La lecture publique qu’on a donné au Patronage laïque a été la confirmation pour le Département que c’est une affaire à suivre, qui permet de tisser des liens », explique Michel Suzzarini. « Il faut apprendre à reconnaître son écriture, pour savoir où on la mène. C’est un chemin de découverte ».

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A propos domicano

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