Martine Nézeraud publie un livre mémoire sur sa mère avec Histoire d’écrire

Albertine Nézeraud, née Quénet, en 1920, à Penmarc’h, a eu plus d’une vie, du Pays bigouden au Maroc, en passant par Saint-Jean-de-Luz et Lorient. Sa fille, Martine, a décidé de coucher sur le papier cette vie, depuis envolée, dans « Albertine ma mère ».

Ce livre, Martine Nézeraud aurait aimé qu’il soit écrit par sa mère. « C’est la première chose que j’ai dite à Michel Suzzarini, lorsque nous nous sommes rencontrés », explique-t-elle, attablée Chez Cathy, à Saint-Gué. C’était à un forum des associations, voilà près de deux ans. « Ma mère partie, il m’a dit que je pouvais le faire à sa place ». Elle s’est donc décidée, se voulant passeur de mémoire pour ses propres fils, Romain et Grégory, sans volonté première de publier. Elle participe alors aux ateliers d’écriture à la maison des associations de Plonéour-Lanvern, suit les conseils de l’écrivain, ouvre son écriture et son champ d’action. Un an et demi plus tard, elle et Michel Suzzarini ont reçu quelque 150 exemplaires de cet ouvrage, flirtant avec les 200 pages, appelé sobrement « Albertine ma mère ».

Une saga familiale

Point d’épopée, point de dragon pourfendu, point de miracle réalisé. Ce livre est celui d’une famille du Pays bigouden, avec, en point d’ancrage, une femme, Albertine Nézeraud, née Quénet, en 1920, à Kerfrez, en Penmarc’h. Ou plutôt trois. « Ma grand-mère, Marie-Anne Paul, née en 1880, à Plobannalec, ma mère et moi, à notre arrivée à Penmarc’h en 1956 », énumère la sexagénaire. Une sorte de saga familiale entre les deux conflits mondiaux, le travail, les grèves, l’Occupation, l’indépendance du Maroc, le retour des colons.

Trois parties, construites sur les souvenirs d’Albertine, qui « aimait raconter, elle avait beaucoup de mémoire. Elle parsemait ses histoires, ses souvenirs, d’anecdotes, pendant la Seconde Guerre mondiale, au Maroc… ». Le tout complété par les clichés familiaux, son propre travail d’enquête, ses propres souvenirs et ressentis. « Ma sœur aînée, Jacqueline, m’a dit qu’elle ne se souvenait pas forcément des mêmes choses que moi », note l’auteure.

Amoureuse d’un parachutiste

Alors, qui était Albertine ? « C’était le quatrième enfant de Jakez et Marie-Anne Quénet, des cultivateurs de Kerfrez, à Penmarc’h.

Elle est née en 1920, elle a travaillé à l’usine de sardines comme toutes ses amies, avant de partir à Saint-Jean-de-Luz ». On est en 1936. Elle abandonne la coiffe et le costume pendant deux ans. Avant de revenir au pays, la Guerre d’Espagne faisant rage. Elle retourne à l’usine, avant d’en claquer la porte et de partir, en 1944, vendre de la dentelle à Lorient sur les marchés. « À Auray, elle rencontre un soldat, colon marocain, explique Martine Nézeraud. Georges, mon père ».Georges Nézeraud, dont la famille est partie s’installer à Safi, à environ 400 kilomètres de Tanger, au Maroc, au début des années 1910. C’est l’amour fou. Le parachutiste est basé à Lorient, la vendeuse de dentelles repart dans le Pays bigouden lorsque Lorient commence à voir tomber les bombes. Ils se font la promesse de se retrouver. Et ils le feront, une dizaine de mois plus tard. « Ma mère a pris le bateau pour Toulon avec un de ses frères, puis seule jusqu’à Tanger, relate Martine Nézeraud. Elle ne savait même pas, avant, où se trouvait le Maroc ! ». Albertine restera dix ans, avant que le pays ne prenne son indépendance, en 1956.

L’invitation au voyage

C’est le retour au pays, à Kerfrez. Albertine, qui vendait à Casablanca des produits bretons, qui faisait partie de l’Amicale des Bretons au Maroc, retrouve ses proches, son littoral, son vent. Un temps. Avant de suivre son mari à Rennes, à Montpellier. Et de revenir, encore, à Kerfrez à la mort de Georges en 1970. Elle travaille à l’usine jusqu’en 1980. Ses filles sont installées en Guadeloupe et à la Réunion. « Je revenais tous les ans, j’en avais besoin », sourit Martine Nézeraud, avant de s’installer, une fois retraitée de la maïeutique. Définitivement. C’était en 2007 à Kerfrez, non loin des terres de son grand-père. Albertine est, elle, décédée en 2014.

Pratique

« Albertine ma mère » de Martine Nézeraud, tarif : 18 €. Lecture d’extraits, ce mercredi 4 juillet, Chez Cathy, à Penmarc’h, à 21 h. Dédicaces vendredi 6 juillet, au Hall de la presse de Saint-Guénolé, à partir de 10 h et dimanche 8 juillet, à la Maison de la presse du Guilvinec, à 10 h.

Ses livres sont placés dans la grande librairie du Pays bigouden à Pont-l’Abbé.
© Le Télégramme https://www.letelegramme.fr/finistere/pont-labbe/penmarc-h-le-livre-de-sa-mere-03-07-2018-12016509.php#jWOOjI4sFmZyVOEv.99

Publicités

A propos domicano

L'écriture, la littérature, la photo, le dessin et l'expression artistique sous toutes ses formes me passionnent. J'aime le rêve et la réalité dans la beauté, la poésie et le potentiel d'émerveillement qu'ils peuvent offrir.
Cet article, publié dans Antenne Bretagne, Articles de presse, Livres des participants à l'école des écrivains, Livres publiés avec édition associative histoire d'écrire, est tagué , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.